|
|
Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI) Le Collectif Régional d'Éducation sur les Médias d'Information (CRÉMI) porte plainte contre le quotidien La Presse et le journaliste Karim Benessaieh. À la suite des élections partielles du 20 septembre 2004, le quotidien aurait omis de divulguer des résultats pour le parti de L'Union des forces progressistes (UFP) dans les circonscriptions de Gouin et Laurier-Dorion dans l'édition du mardi 21 septembre 2004. Le CRÉMI dénonce donc le manque d'impartialité du quotidien, l'information incomplète du tableau et de faire de la discrimination à l'endroit de l'UFP. Griefs du plaignant Pour le CRÉMI, l'article laisse sous-entendre que l'ADQ se situe au troisième rang, alors qu'il se classe en fait quatrième. La troisième position appartient à l'UFP dans le cas des deux circonscriptions concernées. " Suite à cette mise de côté du parti de gauche de l'UFP, le CRÉMI s'inquiète de l'impact du phénomène grandissant du contrôle de l'information par les grands médias. " Le plaignant y voit donc un manque d'impartialité. Le plaignant dénonce l'omission du grand quotidien, qu'est La Presse, de divulguer les résultats électoraux d'un parti de gauche. Le CRÉMI voit dans cette omission la possibilité de discrimination face à l'UFP et il croit que " les médias se doivent de fournir des informations exactes et cohérentes pour chacun d'eux, sans discrimination ". En se référant au site Internet des élections du Québec, le CRÉMI démontre que l'UFP aurait dû se retrouver dans le tableau que La Presse a fourni dans son édition du 21 septembre 2004 car il se retrouve en troisième position alors que l'ADQ n'est en fait qu'en quatrième position. Commentaire du directeur de l'information de La Presse, Éric Trottier M. Trottier répond à la plainte déposée en présentant le texte à la une de la même édition, soit mardi le 21 septembre 2004, faisant état des résultats mis en cause. Il présente aussi le tableau de l'édition du lendemain où l'erreur était corrigée. Il explique que le tableau en question a été fait à l'avance par l'équipe de graphistes qui " a pensé, comme bien du monde, que le gros des votes irait aux candidats du PLQ, du PQ et de l'ADQ ". Lorsque les résultats sont arrivés, il était trop tard pour corriger le graphique car l'heure de tombée ne leur laissait que quelques minutes. Par contre, M. Trottier mentionne que dans le texte du 21 septembre, il était écrit clairement que l'UFP a fait bonne figure en finissant troisième dans les deux circonscriptions montréalaises. Néanmoins, pour corriger l'erreur graphique, La Presse a repris le tableau graphique dès le lendemain. Le mis-en-cause reconnaît qu'il y a bien eu une erreur, mais que celle-ci a été corrigée dans la même édition ainsi que dans celle du lendemain et que par conséquent La Presse a fait preuve de professionnalisme dans cette affaire. Il ajoute enfin qu'il a déjà été convenu de changer la façon de faire les graphiques, les soirs d'élections, afin qu'un tel incident ne se reproduise pas. Réplique du plaignant Le plaignant a fait parvenir un avis de non-réplique.
Décision rendue le 8 mars 2005 par Le CPEI Le traitement de l'information relève du jugement rédactionnel des professionnels de l'information qui doivent cependant livrer au public une information exacte et conforme aux faits. Il relève également de leurs responsabilités d'apporter dans les plus brefs délais, les correctifs nécessaires et adéquats à leurs erreurs afin de rectifier les faits auprès du public. Les rétractations et les rectifications devraient être faites de façon à remédier pleinement et avec diligence au tort causé. L'examen de la plainte soumise au Conseil concernant le journal La Presse révèle qu'une erreur s'était glissée dans un tableau publié par le quotidien, ce que la direction reconnaissait d'ailleurs. Cependant, les moyens pris par La Presse pour remédier à la situation apparaissent, aux yeux du Conseil, tout à fait conformes à la déontologie. Par conséquent, le Conseil de presse ne retient aucun blâme contre le quotidien à cet effet. La plainte mettait en cause également la partialité de l'information diffusée par le quotidien. Le Conseil de presse comprend que l'omission des résultats mis en cause a pu semer un doute légitime dans l'esprit du plaignant. Mais, le Conseil ne saurait, sans tomber dans un procès d'intention, considérer que les résultats du parti de l'UFP ont été omis intentionnellement. Après considération, le Conseil de presse n'a pu constater une mauvaise foi chez les mis-en-cause, pas plus qu'il n'a perçu un traitement discriminatoire à l'encontre de l'UFP. Après étude de la plainte et pour l'ensemble de ces raisons, le Conseil de presse rejette la plainte contre le journaliste Karim Benessaieh et le quotidien La Presse. Robert Maltais
|
|