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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI) Lettre
ouverte La Tribune, 27 juillet 2001 Un coup de pouce à la culture? Récemment, nous pouvions apprendre que près de 400 magazines canadiens avient pu bénéficier de 25 millions de dollars en subventions, provenant du ministère du Patrimoine canadien. En effet, le Fonds du Canada pour les magazines et son volet ''Aide au contenu rédactionnel'' ouvre sa bourse aux magazines, afin d'améliorer le contenu de ceux-ci. L'idée au départ était de répondre à l'invasion culturelle américaine en appuyant le ''contenu canadien''. Loin de nous l'idée de déplorer une aide gouvernementale dans le domaine de la culture, il s'avère tout de même important de jeter un oeil sur les principaux bénéficiaires du programme. D'abord, le grand gagnant est le magazine Maclean's avec une récolte de 1359 603$> en 2000-2001. Au Québec, les cinq plus grands bénéficiaires sont le 7 jours (738 029$), Les Affaires (442 283), L'Actualité (354 757$), Elle Québec (268 235$) ainsi que Coup de pouce (236 310$). Par contre, de plus petits magazines tels que Les Débrouillards (55 955$) ou Québec Science (67 140$) profitent également de cette manne. En résumé, les grands gagnants de ce ''coup de pouce à la culture'' sont Québecor, Rogers et Transcontinental qui font des chiffres d'affaires de plusieurs milliards. Plusieurs questions demeurent. Pourquoi financer des magazines qui n'en ont aucunement besoin alors que certains magazines et journaux communautaires ont toute la misère du monde à survivre? Que impact ces montants vont-ils avoir sur la survie de plus petites publications? Qu'apporte un journal comme Les Affaires (et non, ce n'est même pas un magazine, mais un journal destiné aux investisseurs) à la culture? Mme Sheila Copps, avons-nous une définition différente de la culture? Bref, pourquoi privilégier ceux qui fonctionnaient déjà sans problème, alors qu'il y aurait tant à faire pour aider sérieusement la culture? Nous devons exiger un droit de regard sur l'argent qui est dilapidé au nom de la culture par nos dirigeants à Ottawa afin que de telles aberrations ne se reproduisent plus. Jonathan Fournier |