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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Lettre
au journal La Tribune Sherbrooke, 17 décembre
2002 Monsieur, En effet, deux conférences de presse ont été couvertes par le journaliste Gilles Fisette du journal La Tribune. La première était convoquée par la Table ronde des organismes volontaires d'éducation populaire de l'Estrie (TROVEPE) et l'Association étudiante du Collège de Sherbrooke (AECS) sur la question des Programmes Carrière-été s'adressant aux étudiant-e-s (''Manif pour demander de bonifier le programme fédéral Carrière-Été'', La Tribune, 12 décembre 2002, p.B-3.). La seconde était convoquée par Illusion Emploi sur le projet de loi concernant les normes minimales de travail au Québec (''Améliorer la loi sur les normes du travail ne règle pas tout- Des manifestants réclament une hausse du salaire minimum'', La Tribune, 17 décembre 2002, p.B-3.''). Il semble, selon M. Fisette, que le titre du premier article revient au chef de pupitre tandis que le sous-titre du second article est la responsabilité de celui-ci. Bien que les personnes responsables de ces conférences de presse se disent généralement satisfaites du traitement de l'information inclue dans les articles concernés, et ce, après vérification de notre part, il en va tout autrement du titre leur étant attribué. Loin de nous l'idée de ne pas employer les termes ''manifestants'' ou ''manifs'' (dixit) lorsque ceux-ci s'appliquent (il faut bien que les personnes assument les gestes quelles posent...) mais il semble que ce n'était pas le cas dans le cadre de ces deux CONFÉRENCES DE PRESSE... Quand l'on sait très bien que les termes employés, principalement par les médias, contribuent à créer ou maintenir ''l'imaginaire médiatique'' entourant certaines personnes et/ou certaines organisations, il demeure prudent de peser les mots employés par les responsables de l'utilisation des termes, du moins publiquement. Dans cette perspective, le fait que les titres utilisés pour présenter ces deux conférences de presse laissaient clairement pré-supposer la tenue d'une manifestation ne peut qu'être déploré. En effet, si le fait de tenir une conférence de presse constitue dorénavant, du moins pour vous, une manifestation, il faudrait être cohérent et traiter TOUTES les conférences de presse avec le même traitement et une ''multiplication soudaine de manifestations verrait le jour''... Si ce n'est pas le cas, alors il faudrait respecter le minimum de cohérence et la réalité couverte par votre journal. De plus, en général, les termes employés ici(''manif'' et ''manifestants'') reçoivent un accueil plutôt mitigé chez la population rejointe par les médias d'information ''de masse''. Identifier constamment les personnes et/ou les organismes concernés à des gestes de ''manifestations'' ne peut que réduire la portée de leur message tout en contribuant à renforcer l'image de ''porteurs de pancartes'' comme si leurs activités se réduisaient à cet aspect de leur travail. Nous espérons donc, que vous rapporterez correctement les événements que vous ''couvrirez'' à l'avenir, et ce, tant dans le contenu des articles que dans le titre leur étant attribué. Si nous constations le maintien de telles pratiques (ce type d'écart aussi flagrant entre la réalité et le traitement médiatique), celles-ci pourraient, éventuellement, faire l'objet de plainte de la part du CRÉMI au Conseil de presse du Québec. Espérant obtenir un accueil positif de la présente, Bien à vous Réponse de Maurice
Cloutier de La Tribune (21 mars 2003): |