Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Point de vue
La Tribune 22 mai 2006

Audiences du CRTC
Des quotas qui méritent la cote

La réglementation imposée par le CRTC sur les quotas du contenu canadien et francophone des radios commerciales sera-t-elle assouplie? C'est ce que révéleront les résultats des audiences tenues sur le sujet cette semaine à Gatineau. Rappelons que le minimum de contenu francophone est de 65 % de musique vocale en semaine pour les stations francophones au Québec, et que le minimum de contenu canadien est de 35 %. Un débat qui risque d'être chaud, vu la divergence des opinions.

Pour ou contre?

D'une part, les radiodiffuseurs demandent une plus grande flexibilité du côté du CRTC. Selon eux, le développement de nouvelles technologies telles la radio numérique, les iPod, la téléphonie cellulaire et le téléchargement de la musique sur Internet risque de faire chuter leurs cotes d'écoute. D'autre part, l'ADISQ et la SOCAN (Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) revendiquent une hausse des quotas de 35 % à 51 % sur le contenu canadien. Les producteurs canadiens de disques indépendants et le groupe d'auditeurs Friends of Canadian Broadcasting, entre autres, réclament aussi une hausse des quotas. Question à trancher Est-ce pourtant si dur à trancher? Pour le CRÉMI (Collectif régional d'éducation sur les médias d'information), il est évident qu'un des principaux rôles du CRTC est de faire en sorte que la radio commerciale diffuse la culture d'ici. Par conséquent, le CRÉMI revendique au minimum un maintien des quotas de contenu francophone et canadien, qui se situent actuellement à 65 % et 35 %, respectivement. Par ailleurs, le désintérêt des jeunes pour la radio en général n'appuie en rien la nécessité d'abaisser les quotas actuels, comme le soutient l'Association canadienne des radiodiffuseurs. Au contraire, il est grand temps que les radios commerciales se penchent sur le problème et mettent en œuvre divers moyens pour aller chercher ces jeunes déserteurs de la radio. Et c'est en leur offrant ce qu'ils ne peuvent trouver ailleurs, dans ces nouvelles technologies concurrentielles, qu'ils seront sensibilisés. Sensibilisés à la culture d'ici, à leur propre culture.
Sources : La Tribune et La Presse, mai 2006

Annie Forest
Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)