Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

La Tribune, 18 juin 2000
Lettre ouverte
Citoyens pénalisés

Le mardi 20 juin dernier, le CRÉMI apprenait que le bulletin du midi à la station de télévision CKSH-TV était amené à disparaître. Le Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI), en tant qu'organisme mandaté dans le but de sensibiliser la population estrienne au rôle des médias d'information, s'est donc penché sur cette question.

Effectivement, les 14 minutes de la portion régionale du bulletin du midi seront remplacées dès l'automne prochain par le résumé des manchettes du matin en trois minutes alors que le reste du bulletin sera consacré aux nouvelles nationales du réseau de la Société Radio-Canada.

Pourquoi avoir pris une telle décision? Tout simplement parce que les cotes d'écoute ne sont pas à la hauteur des espérances de la direction de la station de télévision.

Pourtant, l'impact de ce changement aura sur le volume et la quantité d'informations consacrées à la région est considérable. D'ailleurs, ce ne sont pas ces trois maigres minutes d'antenne qui réussiront à couvrir l'ensemble des actualités régionales méritant d'être diffusées. Par sa décision, la direction du CKSH confirme cette tendance à la ''montréalisation'' du contenu d'un bulletin que l'on dit national.

Il est facile de déduire que certains postes seront probablement coupés à CKSH. Évidemment, les émissions spéciales et l'approfondissement du bulletin de 18 heures en combleront plusieurs mais certes pas tous.

Des nouvelles contenant parfois des questionnements ou des analyses: voilà ce que présentait CKSH lors du bulletin du midi. Désormais, avec les informations ''réseau'', il y aura moins de place pour de la matière à réflexion mais plus pour les manchettes spectaculaires montréalaises. Du sensationnel, des idées déjà toutes pensées d'avance, il semble toutefois que c'est ce que les télespectateurs recherchent selon les résultats des cotes d'écoute de TVA et de TQS. Cependant, doit-on négliger pour autant la saveur locale et régionale de l'information et pénaliser les citoyens?

Notre société d'État se dirige-t-elle vers une télévision de moins en moins axée sur son mandat? Cela reste à voir.

Jessica Dostie,
pour le CRÉMI.