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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Entrée libre septembre 2007 (première partie publiée dans La
Tribune
du 10 septembre 2007)

Abolition des quotas de pub à la télé

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a rendu public en mai dernier sa décision d’abolir les quotas de publicités télé dès septembre 2009. Cette décision, devrait permettre aux chaînes de télévision généralistes d’augmenter leurs revenus et de survivre à la menace grandissante imposée par l’émergence de nouveaux médias. Cette déréglementation se fera progressivement : l’ancien quota de 12 minutes de publicités à l’heure est passé à 14 minutes le 1er septembre dernier et passera à 15 minutes en septembre 2008, pour ensuite être aboli en septembre 2009.

Pas d’abus en vue, selon les chaînes…

Les chaînes de télévision généralistes concernées par cette déréglementation (TVA, Radio-Canada, TQS et CTV) affirment ne pas vouloir abuser de cette nouvelle mesure. Les téléspectateurs sont déjà bombardés de publicités et les augmenter ne ferait que diminuer les cotes d’écoute si chères aux portefeuilles des chaînes télé. Alors qu’elles pourraient profiter de cette liberté pour faire augmenter leurs revenus publicitaires aux heures de grande écoute, Radio-Canada, au contraire, semble vouloir opter pour une réduction du temps consacré à la publicité. La télévision publique pourrait, dès la saison 2008-2009, limiter ce temps à huit minutes l’heure. Cette mesure permettra-t-elle d’attirer un plus grand nombre de téléspectateurs? Devant cette ouverture, les téléspectateurs opteront-t-ils pour le zapping, l’enregistrement de leurs émissions préférées, ou accéléreront-ils leur exode vers les chaînes spécialisées? Le Collectif Régional d’Éducation sur les Médias d’Information (CRÉMI) ne croit pas que l’augmentation de publicités aidera les chaînes généralistes à dénouer la crise financière qui s’abat sur elles. Les téléspectateurs ont déjà amorcé leur passage vers les nouveaux médias, et la pollution publicitaire ne les incitera certainement pas à faire demi-tour. En ce sens, le CRÉMI soutient Radio-Canada dans sa démarche visant à réduire l’espace publicitaire. Dans ce cas-ci, ça vaut le détour!

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Des journalistes inquiets 

Un sondage réalisé auprès de 850 journalistes canadiens publié dans Le Devoir en juin dernier révèle que ces derniers se montrent inquiets envers l’état de leur profession. La plupart travaillaient dans une salle de nouvelles de Toronto ou de Vancouver. Quatre points majeurs s’en dégagent. 1) Les résultats dévoilent que « seulement 40,5 % des répondants croient que les propriétaires de leur publication ou de leur station encouragent le journalisme de qualité ». 2) Entre 57,9 % et 66 % des personnes sondées affirment avoir déjà eu à couvrir une nouvelle visant à promouvoir le média pour lequel elles travaillent. C’est dans une proportion de 77,4 % qu’elles croient que les questions promotionnelles ont une influence sur la politique rédactionnelle. 3) « Seulement 50,3 % des répondants affirment que leur journal ou leur station fait une différence entre les nouvelles et la publicité! ». 4) Le sondage révèle que les journalistes se montrent méfiants envers la convergence : « seulement 18,6 % croient que la convergence a un effet neutre ou positif sur le journalisme ». Ces résultats démontrent que la publicité (donc l’argent) a pris le dessus sur la qualité de l’information, que l’autopromotion gagne en popularité pour défier la compétition, et que le phénomène de la convergence continue de faire ses ravages. Triste portrait…   


Annie Forest
Coordonnatrice pour le CRÉMI