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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Entrée libre octobre 2005 (publié dans La Tribune le 28 octobre 2005)

CRTC : menace pour la culture francophone?

Le 16 juin dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a autorisé les services de radio numérique par abonnement à importer une centaine de stations américaines. Des licences ont été accordées aux sociétés Canadian Satellite Radio (CSR), Sirius Canada (consortium formé de Radio-Canada, Standard Radio et Sirius USA) et CHUM-Astral. Les défenseurs de la langue française ont blâmé cette décision en raison du faible contenu francophone et canadien exigé. En effet, cette autorisation aura pour conséquence de porter le nombre de canaux programmés aux États-Unis à 90 % contre seulement 10 % au Canada, dont un maigre 25% en français. Néanmoins, les compagnies détentrices de licences ont volontairement décidé d'accorder plus de place aux contenus francophone et canadien. D'une part, la ministre du Patrimoine canadien, Liza Frulla, s'est dite satisfaite de cette initiative; d'autre part, Line Beauchamp, ministre de la Culture et des Communications du Québec, ne cache pas sa déception face à la décision du cabinet fédéral d'accorder une licence de radio par satellite à des groupes dont le contenu francophone sera minime. Ce dossier controversé est loin d'être réglé. Les députés libéraux fédéraux québécois rejettent la décision du CRTC et certains ont même remis en doute la pertinence de l'organisme : le député de Bourassa, Denis Coderre, a affirmé que "le CRTC avait failli à son mandat de protection de la culture, de l'identité et des intérêts canadiens". D'ici la tenue des audiences publiques qui devront inévitablement avoir lieu au cours des prochains mois, le CRÉMI souhaite rappeler à la population que le pouvoir du CRTC lui appartient et qu'il lui revient d'en déterminer l'orientation et le sort. C'est ce que devraient permettre les audiences.
Sources : La Presse, août et septembre 2005

Transcontinental VS Quebecor

L'injonction accordée à Quebecor par la Cour supérieure du Québec empêchant Transcontinental d'imprimer le nouveau télé-horaire de Claude J. Charron, Télé-Semaine, a finalement été rejetée. Selon Quebecor, l'existence d'une entente de non-concurrence entre les deux parties, qui détiennent à parts égales le TV Hebdo, empêcherait le groupe Transcontinental d'imprimer son Télé-Semaine. La clause se lit comme suit : "[il est interdit aux partenaires de] produire, publier, vendre, distribuer, promouvoir ou exploiter un magazine/télé-horaire de langue française, payant ou non, vendu seul ou accompagnant une autre publication, que ce soit en version papier, en version électronique ou par télécommunications". Selon le juge chargé de l'affaire, elle ne vise pas nommément la préimpression et l'impression. Transcontinental peut donc recommencer l'impression de son télé-horaire. Le CRÉMI croit que le maintien de l'injonction aurait eu pour conséquence de consolider le pouvoir dans les mains de Quebecor. Soulignons que M. Charron avait vendu ses magazines (dont 7 jours et Le Lundi) à TVA (Quebecor) en 2000. Jusqu'à tout récemment, l'éditeur était resté à l'écart pour revenir en force avec son magazine indépendant La Semaine, devenant ainsi un des principaux concurrents de Quebecor. Une question demeure : deux magnats de la presse peuvent-ils être à la fois partenaires et concurrents? Il semble bien que oui…mais jusqu'à quand?
Source : La Presse, septembre 2005

Annie Forest, coordonnatrice pour le CRÉMI