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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Entrée libre novembre 2007

Médias et accommodements raisonnables

Dans le contexte de la Commission Bouchard-Taylor, le Collectif Régional d’Éducation sur les Médias d’Information (CRÉMI) a jugé pertinent de faire part à la population d’une analyse réalisée par le groupe Influence Communication *. L’étude a été réalisée sur une période de deux ans, soit en 2005 et 2006. Le constat qui s’en dégage est que l’on a noté une diminution importante de l’attention médiatique consacrée à la question du multiculturalisme et une hausse considérable du traitement de sujets controversés associés à cette question.

Sujets controversés

Selon les résultats de l’étude publiée en janvier 2007, « les thèmes du multiculturalisme et des communautés ethniques ont été mentionnés en marge de sujets controversés ou de situations conflictuelles dans 72 % des cas » au Canada. En 2005, ce pourcentage se situait à 66 %. La situation québécoise est d’autant plus alarmante : de 2005 à 2006, le Québec est passé du 9e au 1er rang à l’échelle canadienne (de 63 % à 77 %). L’Alberta (76 %), Terre-Neuve (75 %) et la Colombie-Britannique (74 %) se situent respectivement au 2e, 3e et 4e rang. Parmi les sujets controversés le plus souvent associés au multiculturalisme, l’étude identifie « l’association de différents groupes à des mouvements terroristes, le port du voile islamique, le port du kirpan, la question des accommodement raisonnables, le rapatriement des Canadiens lors du conflit libano-israélien ainsi que le débat sur la double citoyenneté ». Dans le dernier trimestre de 2006, la question des accommodements raisonnables a fait la une des médias québécois pendant quelques semaines.

Est-ce la faute aux médias?

Pourquoi le Québec figure-t-il au premier rang des intolérants? Selon Alexandra Szacka, journaliste à la télévision de Radio-Canada, les médias ont une grande responsabilité à assumer sur cette question, et celle-ci peut être lourde de conséquences si les journalistes n’usent pas d’une certaine vigilance dans le choix des mots. Il ne s’agit pas de taire les réalités et les préoccupations, mais de tenir compte du contexte de chacune des situations. Pour sa part, Laura-Julie Perreault, journaliste au quotidien La Presse, a observé un manque de professionnalisme chez certains journalistes qui ont délaissé leur rôle d’observateurs pour faire place à l’opinion. Le CRÉMI s’interroge sur le fait que des journalistes n’aient pas tenu compte du contexte québécois où pour plusieurs, la société apparaît en pleine mutation dans le traitement de sujets aussi idéologiques que la question des accommodements raisonnables. Certains journalistes ont préféré le peu de profondeur et le sensationnalisme à la rigueur journalistique. 

* Influence Communication est le plus important courtier en nouvelles au Canada. Fondée en 2001, l’entreprise a son siège social à Montréal et assure un service de veille et d’analyse médias pour la plupart des grandes entreprises canadiennes.

Sources : http://www.influencecommunication.ca/fr/12janvier2007.html
                http://www.radio-canada.ca (Accommodements raisonnables et médias)


Annie Forest
Coordonnatrice pour le CRÉMI