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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Magazines et adolescentes: un avenir " bouché " Les valeurs véhiculées par les magazines destinés aux adolescentes sont-elles appropriées pour le lectorat visé? Ces valeurs ont-elles une influence positive sur les adolescentes? De récentes études relancent le débat, plus particulièrement le mémoire de maîtrise en Communication de Caroline Caron étudiante à l'Université Laval. L'article Être belle et avoir un chum de la journaliste Marie-Claude Girard, paru dans La Presse du 1er octobre 2003 nous présente les conclusions de ce mémoire. Caroline Caron a analysé le contenu (articles, publicités et photographies) des magazines Cool et Filles d'aujourd'hui, spécialement les numéros publiés en l'an 2002 soit douze en tout. Caroline Caron conclut que la " vision du monde qui y est proposée est empreinte de clichés et déconnecté du quotidien ". Selon Caroline Caron, ces magazines qui s'adressent aux jeunes filles semblent miser sur deux sujets en particulier pour attirer leur lectorat: la beauté physique et les garçons. On leur présente un ensemble de règles sur ces aspects de la vie alors que la réalité est tout autre et bien plus complexe. Le guide de la vie Les articles traitant de beauté physique occupent plusieurs pages où les jeunes filles sont invitées à s'identifier à un certain type de beauté et bien souvent, à ne regarder qu'un seul modèle de beauté... Il en résulte que, bien souvent, celles-ci ne se définissent bien souvent qu'à travers le regard des autres. Guide des relations sociales: un schéma à suivre Ces magazines présentent une version très stéréotypée des relations garçons-filles où malheureusement, les filles sont présentées comme étant dépendantes des garçons. L'expertise des garçons est mise de l'avant. De plus, l'identité féminine passe par le fait d'avoir un chum. En matière de sexualité, ces magazines laissent entendre que l'on doit être disponible sexuellement dès l'âge de treize ans et durant tout son adolescence. Pour toutes ces questions, les expériences de chacun et chacune varieront, mais cette diversité est souvent laissée pour compte au profit d'un norme suggérée à toutes. Certains magazines, tel Filles d'aujourd'hui, semblent effectuer un virage positif en traitant de sujet comme le taxage à l'école. Reste à savoir si l'ensemble de cette presse est prête à imiter Filles d'Aujourd'hui en publiant davantage d'articles sur les problèmes sociaux que peuvent rencontrer les jeunes. Derrière l'apparence, il y a tout un monde à découvrir Ces magazines, par leur contenu, incitent les adolescentes à voir leur épanouissement personnel uniquement en regard de leur apparence physique. De plus, ils ne font qu'accentuer les inégalités entre les hommes et les femmes. En somme, ce qui passe pour être du vrai journalisme pour adolescentes, est en fait bourrés de ragots enrobés et de préjugés tenaces. On est bien loin des préoccupations privées et sociales qui attendent les jeunes filles lorsqu'elles auront atteint leur majorité (équité en emploi, tâches domestiques, etc). On devrait cesser d'uniformiser la présentation des comportements des jeunes filles. Il en résulterait une information plus près de la réalité et des besoins des jeunes. Vicky Lapointe Pour le CRÉMI |