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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Entrée libre juin 2006

Harper et médias - Menace à la liberté de presse?

Le premier ministre Stephen Harper a su attirer l'attention des médias au cours des derniers mois. En mars, il dévoilait son intention de limiter l'accès des journalistes à son cabinet en tenant secrète l'organisation des rencontres officielles, mettant un terme à une pratique qui était en vigueur depuis une douzaine d'années à Ottawa. Le bureau du premier ministre veut également restreindre l'accès des journalistes à l'étage où se déroulent les réunions hebdomadaires du cabinet, accès qui existait depuis près de 30 ans. Depuis son élection en janvier, le gouvernement Harper a désigné son secrétaire de presse, M. Dimitri Soudas, pour faire le tri parmi les journalistes désirant lui poser des questions. Enfin, il a rendu publique en avril sa décision d'interdire l'accès des journalistes aux images de cercueils recouverts d'un drapeau à l'arrivée des dépouilles de soldats canadiens morts au combat. L'annonce de cette mesure a particulièrement suscité l'intérêt des médias et blessé les familles concernées.

Harper et son nouveau protocole " à la Bush "

L'opposition aux Communes et la presse parlementaire ont vigoureusement dénoncé la mesure adoptée par Harper visant à restreindre l'accès des médias au rapatriement des dépouilles de soldats morts au pays. Selon eux, cette mesure brime le droit à l'information des Canadiens et Canadiennes et diminue la valeur accordée au travail des soldats morts au combat. En parallèle à la mesure adoptée par le président Bush en 2003 interdisant toute prise d'images des cercueils de soldats morts en Irak à leur retour aux États-Unis, Harper a restreint l'accès des médias au rapatriement des dépouilles de quatre soldats morts au combat en Afghanistan en avril dernier. Alors qu'on reproche au gouvernement conservateur de déshonorer les soldats morts dans l'exercice de leurs fonctions et de cacher leur réalité à la population canadienne, Harper se défend en affirmant vouloir respecter les familles des soldats défunts en leur permettant de vivre leur deuil loin du regard des médias. Pourtant, le père d'un des quatre soldats morts en Afghanistan dénonce cette mesure et déplore du même coup la décision de Harper de ne plus mettre les drapeaux en berne sur la colline parlementaire lorsque des soldats sont tués au combat. Le père de la victime a d'ailleurs envoyé une lettre au premier ministre à ce propos, laquelle est restée sans réponse. Le père d'une autre victime des attaques en Afghanistan, la capitaine Nichola Goddard, a aussi critiqué la décision de Harper. Enfin, M. Harper semble être revenu sur sa décision et se dit prêt à permettre aux médias d'assister aux cérémonies entourant le rapatriement de soldats morts au combat dans la mesure où la famille des victimes communique son accord. À la suite de ces événements, le Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI) espère que le gouvernement conservateur saura maintenir cette dernière décision. Le CRÉMI croit que le droit à l'information ne doit pas être brimé, même lorsqu'il s'agit de sujets délicats tels la mort de soldats canadiens en mission. La liberté de presse ne doit en aucun cas être bafouée. Quant au fait de sélectionner les journalistes qui poseront des questions, le problème demeure entier et préoccupant.

Concentration de la presse

Par ailleurs, le groupe Transcontinental a récemment fait l'acquisition de l'hebdomadaire Le Progrès de Coaticook. Médias Transcontinental possède maintenant 94 journaux locaux et régionaux au Québec. Ces journaux forment le plus grand réseau de la province. Un autre bon coup pour la concentration de la presse…
Sources : La Tribune, La Presse et Le Devoir, mars à mai 2006

Annie Forest, coordonnatrice pour le CRÉMI