Accueil

Objectifs

Activités

Services

Vie interne

Liens

 


Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Entrée libre janvier 2008 (publiée dans La
Tribune
du 11 janvier 2008)

Le Mouton noir en péril

Depuis 2006, la chaîne de télévision généraliste TQS lutte pour sa survie. Malgré un classement au deuxième rang des cotes d’écoute pour son bulletin d’information animé par Jean-Luc Mongrain, les dettes s’accumulent et se chiffrent à près de 69 millions de dollars. En octobre dernier, la chaîne supprimait une quarantaine de postes afin de réduire ses frais d’exploitation et entamait un processus de vente. Moins de deux mois plus tard, TQS se voit dans l’obligation de se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (C-36). 

Chaîne à vendre! Pas cher!

En date du 7 janvier 2008, TQS était toujours détenue par Cogeco (60 %) et CTVglobemedia (40 %). Dans son mandat de lui trouver un acheteur, CIBC World Markets a contacté une trentaine d’acquéreurs potentiels. Selon certaines sources, cinq acheteurs ont manifesté de l’intérêt, soit Corus, Rogers, Radio-Nord Communications, Transcontinental et la Caisse de dépôt et placement du Québec. Cependant, aucune lettre d’intention n’a été déposée avant la date limite fixée. Malgré tout, TQS demeure optimiste. Les dispositions de la Loi C-36 lui permettent de devenir insolvable, ce qui se traduit par une offre plutôt alléchante pour un potentiel acquéreur puisque la valeur du capital-action est de 1 $ symbolique. Pour la direction de TQS, la vente demeure la meilleure option, même s’il pourrait en découler un changement d’orientation, des suppressions d’emplois, ou une hausse de la convergence.

Pourquoi ces déboires financiers? 

La direction de TQS justifie les déboires financiers de la chaîne par les causes externes suivantes : les redevances d’abonnement au câble octroyées aux chaînes spécialisées par le CRTC mais dont les chaînes généralistes sont privées, l’érosion des revenus publicitaires causée par l’émergence des nouveaux médias, les frais engendrés par le virage numérique imposé par le CRTC pour 2011, et le rôle d’acteur commercial joué par la chaîne Radio-Canada et son projet de désaffiliation de TQS dans certaines régions du Québec, dont Sherbrooke, prévu pour 2009.

L’avenir de la télévision généraliste  

Le Collectif Régional d’Éducation sur les Médias d’Information (CRÉMI) se questionne quant à l’avenir de TQS et plus globalement, des chaînes généralistes. Le CRTC devrait-il concentrer la distribution des ressources dans un seul secteur (chaînes spécialisées) ou assurer une redistribution égale parmi toutes les chaînes? Avec l’émergence des nouveaux médias, la télévision généraliste a-t-elle toujours sa place? Le CRTC devrait-il s’efforcer de mieux baliser les distributeurs de chaînes spécialisées, en les obligeant, par exemple, à avoir un minimum de chaînes québécoises et un minimum de contenu local et régional, plutôt que de se contenter de défendre l’existence des chaînes généralistes? La disparition de la télévision généraliste aurait-elle pour effet d’augmenter la concentration des médias? Tant de questions en suspens qui, espérons-le, sauront trouver réponse dans le cadre des audiences publiques du CRTC sur le Fonds canadien de télévision prévu en février 2008. Dans ce contexte, la lutte pour la survie de TQS est-elle encore nécessaire malgré les pertes d’emploi à venir et la fermeture définitive de la chaîne québécoise?

Sources : La Tribune et La Presse, novembre et décembre 2007


Annie Forest
Coordonnatrice pour le CRÉMI