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libre janvier 2007
La pub, ça convainc les autres, mais pas moi!
Les jeunes se doutent bien que la
publicité influence leur vie, enfin, la vie de tout le monde sauf d'eux-mêmes.
C'est entre autres ce qui est ressorti du projet L'Esprit Critique :
À l'École, dans ma vie! que j'ai réalisé au cours de la dernière année
en visitant des classes de secondaire à Sherbrooke et à Magog. Les ateliers
que je proposais m'ont permis de rencontrer quelques centaines d'élèves
afin de discuter de leurs valeurs, de leurs choix et de l'influence
que pouvaient avoir les médias sur ceux-ci. **
Mais chaque jeune que j'ai rencontré, comme la plupart des adultes d'ailleurs,
pensait ne pas être lui-même vraiment influencé par les médias. " Si
les publicitaires investissent des milliards chaque année, c'est que
ça doit fonctionner pour d'autres, mais pas pour moi. " " Quand j'achète
un T-shirt de marque, c'est parce que je le trouve beau. Pas à cause
de la pub. " Selon plusieurs, ce serait de ressembler à leurs amis qu'ils
cherchent ouvertement à faire. Faire comme le groupe, mais un groupe
qui lui ne fait pas comme tout le monde, encore moins comme le voudraient
les médias.
Si le besoin de faire partie de la gang semblait très présent chez plusieurs
adolescents du secondaire, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il était
très difficile d'essayer de leur faire admettre que plusieurs d'entre
eux s'habillaient et se comportaient comme de vrais sosies de leurs
idoles de film, de télé, et de vidéoclips.
Mais alors ? Surprise !!!
Ce que j'ai fait ensuite, c'est de
leur demander ce qui est véritablement important pour eux, ce qui est
plus important que tout le reste. Voici ce que la plupart ont répondu
: D'être aimé dans une famille unie et harmonieuse; d'avoir une relation
amoureuse solide et durable; que l'environnement soit sain; d'être en
santé; que le monde soit en paix et qu'on s'occupe des plus vulnérables.
En prenant le temps de discuter simplement de ce qui compte vraiment
pour eux, la tension et l'agitation diminuait; ils mettaient moins d'importance
sur leurs désirs matérialistes d'argent, de grosses voitures sport,
ou de sorties de magasinage au centre commercial.
En fait, les jeunes que j'ai rencontrés partageaient des valeurs très
saines, quand je prenais le temps de les sortir du cadre matérialiste
et du culte du divertissement sans fin dont plusieurs médias font la
promotion. Je parlais avec eux de ce qu'ils n'avaient pas l'occasion
d'entendre souvent dans les médias. Et j'ai vu en ces jeunes des personnes
de cœur. Peut-être avaient-ils raison d'affirmer être un peu hors de
portée de l'influence de la publicité, parce qu'ils semblaient pour
la plupart d'accord qu'aucune chose vantée par la pub, par la télé et
par Hollywood ne peut leur apporter ce qu'ils cherchent vraiment au
fond: de s'aimer eux-mêmes, d'être aimés tels qu'ils sont, d'être bien
entourés dans un environnement de paix, de respect et d'entraide. Il
leur reste maintenant à ne pas perdre leur temps et leur argent à courir
après ce qu'ils savent futile…
** Interventions réalisées cadre de ce projet Jeunes
Volontaires soutenu par le ministère de l'Emploi, de la Solidarité sociale
et de la Famille et le Collectif Régional d'Éducation sur
les Médias d'Information (CRÉMI)
Alex Boudreau, pour le CRÉMI