Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI) 

Entrée libre décembre 2001

La Maison-Blanche est-elle l'ennemie de la liberté d'expression? Le fait est qu'au XXIe siècle tout guerre est plus que jamais une guerre où information et désinformation sont des armes aussi essentielles que les Kalachnikovs, les F-18 ou l'anthrax. Voici, du côté américain, une série de petites nouvelles et de commentaires tirés des épisodes ''médiatiques'' de l'étrange guerre qui a débuté le 11 septembre avec les super-attentats de New York et de Washington. Le tout sous forme de brèves ou super-brèves...

Les médias obtempèrent

Cinq chaînes nationales ont obtempéré après que la Maison-Blanche eut demandé, le 10 octobre, aux télévisions de bannir ou de limiter les retransmissions où l'on voit s'exprimer, par l'entremise de la télévision Al-Jazira du Qatar (la CNN ''arabe'') l'ennemi Oussama Ben Laden.

Voice of America

Le Département d'État a essayé de bloquer une interview réalisée par la radio Voice of America avec un officier du régime taliban de Kaboul.

''Je suis sûr que tous les journalistes diront qu'il s'agit là d'une intrusion dans le processus éditorial, mais tant qu'il n' y a pas de coercition ou de menace derrière, il n'y a rien d'incorrect'', a déclaré Robert O'Neill, directeur du Thomas Jefferson Center for the Protection of Free Expression, à l'Université de Virginie.

Vérités et mensonges

Quelques heures après les attentats, des agents du FBI se sont rendus chez les principaux fournisseurs d'accès à Internet pour y installer le système de surveillance ''Carnivore''.

Un commentateur du Daily Courier de l'Oregon a été congédié parce qu'il avait osé écrire, dans les jours suivant les attentats, que le président Bush ''nous avait fait honte''. Le directeur Dennis Roler a demandé pardon aux lecteurs du quotidien, puis a mis le journaliste à la porte.

Le mot tabou

À la mi-septembre, l'agence Reuters a banni le mot ''terroriste'' de ses dépêches, sauf lorsqu'il s'agit de citations, mais Associated Press a maintenu son usage, son codirecteur Micheal Silverman précisant que les attentats du 11 septembre ''correspondaient aux critères'' qui définissent le terrorisme.

Source: BROUSSEAU, François. Coupures de presse, Le 30, vol.25, no10, novembre 2001, p.39.

Claude Richard, pour le Crémi