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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Médias et campagne électorale Le mouvement de mobilisation pour la sauvegarde de la station CHOI-FM de Québec à l'été 2004 et la récente entrée au pouvoir du Parti conservateur (PC) à Ottawa donnent l'impression d'être liés par un filon politique. En effet, la revendication pour la défense de la liberté d'expression sans limite semble plutôt s'être avérée comme une défense des valeurs sociales et politiques prônées par le PC. Une étude réalisée à l'été 2004 auprès d'auditeurs et d'auditrices de la station a révélé que 85 % d'entre eux n'avaient jamais participé à une activité d'ordre politique avant que la menace de fermeture de la station ne soit présentée sous cet angle. De plus, les personnes interrogées ont été fortement influencées par les propos des animateurs de CHOI. Or, ce phénomène de " mimétisme (imitation) politique " apparaît être en partie à l'origine du comportement électoral des auditeurs et auditrices de CHOI. Sinon, comment expliquer que ces personnes appuient dans une forte proportion les mêmes partis politiques de droite que la station (Action démocratique du Québec (ADQ) et Parti conservateur du Canada (PCC))? André Arthur et CHOI Dans un même ordre d'idées, l'élection de l'ex-animateur de la station CHOI, André Arthur, vient alimenter le discours autour de CHOI et de ses tendances politiques. Élu comme député indépendant, il veut se lancer à la défense de la station et pose ses espoirs sur le PCC pour redonner à CHOI sa licence. Le propriétaire de la station, Patrice Demers, compte sur l'intervention du chef du Parti conservateur Stephen Harper auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour reprendre possession de sa licence. Le programme du Parti conservateur prévoit assurer le respect de la liberté d'expression et une réduction du rôle du CRTC dans la réglementation du contenu. Reste à voir si ce parti saura conserver l'appui de la " population pro-CHOI ", et ce, même si le CRTC lui tient tête… Tendances électorales Un sondage réalisé en décembre 2005
a révélé que 75 % des Canadiens et Canadiennes étaient satisfaits de
la couverture médiatique de la campagne électorale des élections fédérales.
Ce même sondage a été repris auprès des mêmes personnes à la mi-janvier
2006. Une différence majeure s'est dessinée entre les deux sondages
: 40 % des électeurs et électrices ont avoué que les journalistes semblaient
souhaiter une victoire du Parti conservateur, alors que c'est dans la
même proportion que les gens sondés en décembre croyaient plutôt en
une préférence pour le Parti libéral. Ce revirement aurait-il été influencé
par les médias? Il semble que oui. Une analyse de la firme d'experts
Influence communication a révélé que Stephen Harper avait réussi à attirer
l'attention des médias de façon croissante tout au long de sa campagne,
obtenant jusqu'à 55 % de la couverture médiatique en fin de course.
Par ailleurs, les libéraux n'ont occupé que 20 % de l'espace médiatique
en fin de campagne. Il serait donc raisonnable de penser que les médias
ont influencé la campagne électorale, et ce, tant par la publication
de sondages que par la couverture elle-même. Devant ce constat, le Collectif
régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI) se questionne
sur la façon dont les médias d'information traitent les événements dans
le cadre électoral. Annie Forest, coordonnatrice pour le CRÉMI |