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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Orford en chiffres Au cours des dernières semaines, le
dossier du Mont-Orford a fait couler beaucoup d'encre. Dans la semaine
du 6 au 12 mars, il a atteint un poids média de 2,85 %, comme le démontre
les données ci-bas. Séries à gros budgets La récente décision de la chaîne TVA de ne pas renouveler les populaires séries Un homme mort et Vice caché a ébranlé le milieu de la télévision. Ces séries lourdes ne seront pas reconduites en raison d'une diminution de la production de séries à gros budgets qui ne sont plus assez rentables selon les télédiffuseurs. Pourtant, ces deux séries attirent chaque semaine près d'un million de téléspectateurs. Malgré cela, leur coût de production est jugé trop exorbitant pour le résultat des cotes d'écoute. Ainsi, les producteurs devront se contenter d'un budget de 400 000 $ à 500 000 $ pour la production de séries, ce qui représente environ la moitié du budget accordé il y a quelques années pour la production de séries de même envergure. À qui la faute? Tandis que les coûts de production
augmentent sans cesse, les revenus publicitaires et les cotes d'écoute,
de leur côté, sont à la baisse. Cette réalité à laquelle les producteurs
doivent faire face depuis environ trois ans se traduit par une remise
en question immédiate si l'on veut éviter une crise. Quoiqu'il ne faille
pas les tenir pour les seules responsables du fléau, les chaînes par
satellite ont changé la donne. La multiplication des utilisateurs de
télévision par satellite (Bell Express Vu, Star Choice) et de ses acolytes
(Illico, télé à la carte, visionnement de téléséries via le cellulaire,
etc.) a eu pour effet de fausser les résultats des cotes d'écoute. Effectivement,
les téléspectateurs qui écoutent des émissions telles Un homme mort
et Vice caché via ces moyens et à une heure différée ne sont
pas comptabilisés au niveau des cotes d'écoute. Par conséquent, l'estimation
du nombre de téléspectateurs se trouve considérablement faussée. Fort
de ce constat, le Collectif régional d'éducation sur les médias d'information
(CRÉMI) s'inquiète quant à l'avenir des téléséries québécoises. Le défi
est grand pour les producteurs qui devront livrer sur nos écrans des
émissions de qualité avec un moindre budget. Qu'adviendra-t-il de nos
téléséries à long terme? Si TVA décide de produire des émissions lourdes
seulement accessibles via les canaux payants, l'État continuera-t-il
à subventionner cette entreprise privée? Si tel devait être le cas,
le téléspectateur risque encore d'être la victime et de devoir payer
en double. Annie Forest, coordonnatrice pour le CRÉMI |