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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Guerre: télévision et désinformation Dès le début, les bombardements anglo-américains en Irak ont monopolisé l'attention de la presse internationale. En effet, plus de 700 journalistes ont été déployés pour couvrir ce conflit armé. La télévision, en particulier, présente massivement pour la première fois la guerre en directe. De son côté, le Pentagone a décidé d'incorporer des journalistes à ses troupes pour contrer les informations diffusées par la chaîne arabe Al Jazira. Washington craint que la chaîne du Qatar influence négativement l'opinion publique américaine sur les effets dévastateurs de cette guerre et sur les buts recherchés par le gouvernement Bush: destituer Saddam Hussein, libérer le peuple irakien, démocratiser le pays, contrôler le pétrole, etc. La propagande et la désinformation rôdent... Guerre du Golfe/ Prise 1 Guerre du Golfe / Prise 2 Dès les premières images diffusées par la plupart des grandes chaînes américaines, l'unanimité faisait sienne: bombardements incessants sur Bagdad, déplacements de véhicules militaires dans le désert et témoignages édulcolorés de G.I. Dans le quotidien La Presse du 29 mars 2003, John R. McCarthur, éditeur du magazine américain Harper's nous explique: Les patrons ont encouragé leurs journalistes à coopérer, dit-il. Tout le monde est plus ou moins pro-guerre pour des raisons patriotiques, mais aussi par cynisme, dans le but d'élargir son auditoire et de faire de l'argent. Les patrons de CNN, NBC, ABC, CBS et Fox auraient très bien pu se réunir et dire: nous refusons de jouer le jeu du Pentagone et de participer à la propagande américaine. Sur le terrain Pour les journalistes couvrant ce conflit, qu'ils soient en poste au Qatar ou bien incorporés aux troupes, le sentiment de frustration ne cesse de croître. Devant le refus des militaires à leur fournir une information pertinente, plusieurs ont quitté. En ne diffusant que de l'information contrôlée par le Commandement central anglo-américain (Centcom), les chaînes de télévisions nord-américaines sont à la solde du Pentagone. Nous dénonçons, au nom de la liberté de la presse, cette vaste campagne de désinformation sur les raisons ayant entraîné cette attaque illégale en dehors ds cadres de l'Organisation des Nations Unies (ONU), sans respect des droits internationaux. Les images montrant la prise des palais présidentiels à Bagdad ne doivent pas balayer de notre conscience le prix insoutenable de cette guerre en vies humaines, militaires et civiles. Décidément, l'impérialisme américain ne recule devant rien. Claude Richard, pour le Crémi |