Sherbrooke, le 22 avril 2002


Communiqué de presse
Pour publication immédiate

Semaine nationale d'occupations de terrains et de bâtiments

Une occupation aura lieu à Sherbrooke

«Le logement, on s'en occupe» . C'est sous ce thème que des mal-logés occuperont des terrains et des bâtiments vacants, durant la semaine du 12 mai. L'action, organisée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), se déroulera dans quelques villes du Québec dont Sherbrooke où l'Association des locataires planifie une occupation de vingt-quatre heures débutant le 15 mai. Des occupations sont aussi prévues dans six quartiers de Montréal et trois de Québec, ainsi qu'à Saguenay, Gatineau et Saint-Rémi en Montérégie.

La semaine d'occupations vise à dénoncer la crise du logement et à revendiquer le financement de 8000 nouveaux logements sociaux par année, dont la moitié en HLM et l'autre moitié en coopératives d'habitation et en logements sans but lucratif.

Une crise qui n'en finit pas de s'aggraver

C'est l'aggravation de la crise du logement qui a convaincu les membres du FRAPRU d'organiser une douzaine d'occupations durant la semaine du 12 mai.

La plupart des grands centres urbains du Québec sont en effet plongés dans une pénurie de logements locatifs, comme ils n'en avaient pas vécu depuis vingt-cinq ans, près de 80 % des locataires québécois étant touchés à un niveau ou à un autre. Dans la région métropolitaine de Sherbrooke, le taux de logements inoccupés qui était de 9,3 il y a dix ans avait chuté à 2,3 % lors de la derrière enquête menée par la Société canadienne d'hypothèques et de logement en octobre 2001. Les logements familiaux se font encore plus rares, 99 % des logements de trois chambres à coucher et plus étant déjà occupés, ce qui en laissait moins d'une quarantaine libres pour toute la région métropolitaine au moment de l'enquête de la SCHL.

Une telle rareté a des conséquences désastreuses pour les locataires, en particulier pour celles et ceux à plus faible revenu: difficulté, sinon impossibilité, à se trouver un logement; accroissement de la discrimination; hausse plus marquée des loyers. Sur ce dernier point, Lucie Poirier, porte-parole du FRAPRU, cite l'exemple très préoccupant de Rock Forest qui, l'an dernier, était déjà touché par la rareté des logements, ce qui a provoqué des hausses de loyer moyennes de 7,1% dans le cas des logements de 2 chambres à coucher et de 4,9 % dans celui des 3 chambres à coucher et plus. Elle se demande s'il ne faut pas y voir un indice de ce qui attend l'ensemble de Sherbrooke. Selon le FRAPRU, la pénurie de logements locatifs vient aggraver une situation déjà alarmante. II précise que, selon les derrières données disponibles, celles du recensement canadien de 1996, pas moins de 273 825 ménages locataires consacraient plus de la moitié de leur revenu en loyer, dont 208 815 qui y engloutissaient plus de 60 % de leur maigre pitance. Ces nombres étaient respectivement de 6245 et 4580 dans la région métropolitaine de Sherbrooke.

Citant une étude réalisée par la Société d'habitation du Québec, le FRAPRU ajoute que, de 1981 à 1996, le revenu annuel médian des ménages locataires a diminué de près de 28 % en dollars constants.

Beaucoup plus de logements sociaux

Si la semaine d'occupations de terrains et de bâtiments organisée par le FRAPRU a un objectif de dénonciation, elle en a aussi un de revendication d'un plus grand nombre de logements sociaux.

L'organisme estime en effet que le retrait du gouvernement fédéral de tout investissement dans ce domaine, depuis le 1er janvier 1994, a largement contribué à la détérioration de la situation du logement. II considère que les investissements d'un demi-milliards $ en cinq ans consentis dans les tous derniers mois par Québec et Ottawa, s'ils représentent un pas en avant, demeurent insuffisants, compte tenu de l'ampleur de la crise. Rappelons que 11 500 logements sociaux verront le jour au Québec au cours des cinq prochaines années. De ce nombre, 7500 logements sont prévus pour les deux prochaines années dont seulement 81 à Sherbrooke.

Le FRAPRU réclame quant à lui le financement de 8000 nouveaux logements sociaux par année, ce qui permettrait la construction d'environ 200 logements par an à Sherbrooke même. II rappelle que cette demande faisait partie des revendications québécoises de la Marche des femmes contre la pauvreté et la violence de l'an 2000 et qu'elle a déjà obtenu l'appui de 1100 organismes communautaires, syndicaux et religieux, ainsi que de nombreuses personnalités publiques.

Une invitation

Selon le FRAPRU, les occupations de terrains et de bâtiments qui se dérouleront au Québec dans la semaine du 12 mai représentent un rendez-vous important, qui se promet d'être percutant, coloré et festif. II invite donc les organismes et la population de Sherbrooke à appuyer faction qui se déroulera dans cette ville, en participant à la marche d'appui qui débutera à 17h, le 15 mai.

Pour plus d'informations: Lucie Poirier (514) 522-1010; (514) 919-2843 (cellulaire)