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Le marketing à l'ère Twitter PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 07 Juin 2010 00:00

(Québec) Après sa défaite dans la circonscription de Charlesbourg, la députée adéquiste Catherine Morissette est retournée à ses premières amours, le droit. En octobre dernier, elle s'est inscrite sur le site de microblogage Twitter, sous les conseils du plus influent utilisateur de Québec, Nicolas Roberge. Depuis, près de 1000 personnes se sont abonnées à ses tweets, un réseau social virtuel qui a lui permis de développer 40% de sa clientèle.

«C'est du bouche-à-oreille d'une rapidité incroyable, surtout pour une jeune avocate comme moi. Quelqu'un qui connaît quelqu'un me recommande quasi instantanément», a-t-elle expliqué au Soleil.

Depuis sa création en 2006, Twitter ne cesse de gagner des adeptes auprès des vedettes et du grand public. En 140 caractères, il leur permet d'exprimer leurs opinions et de diffuser des contenus qui les intéressent, des tweets. Utilisé d'abord à des fins personnelles, ce site de microblogage se révèle toutefois de plus en plus comme un outil de marketing puissant pour développer sa clientèle d'affaires.

Par exemple, les contenus que diffuse Mme Morissette, surtout des informations juridiques, indiquent à ses futurs clients son champ d'expertise, soit le droit des affaires, corporatif et civil. «Ça devient presque un CV», illustre-t-elle.


D'ailleurs, elle croit tellement à l'efficacité et à la pérennité de l'outil qu'elle a inscrit son adresse Twitter sur sa carte professionnelle, tout comme Patrick Goulet. Rédacteur pour le Web, l'imprimé et la radio, ce travailleur autonome de Québec utilise Twitter professionnellement depuis plus d'un an. Jusqu'ici, il n'a obtenu qu'un contrat grâce à ce réseau, mais il considère son utilisation comme un investissement à moyen et long terme. Twitter lui permet de joindre beaucoup plus facilement ses futurs employeurs.

«Pour l'instant, je ne fais pas mon chiffre d'affaires avec Twitter, mais je suis très optimiste. Ça me donne une très bonne visibilité auprès des agences de création qui ont un compte Twitter. Je les suis, puis elles me suivent à leur tour. C'est souvent le seul moyen de les joindre. Autrement, je tombe dans des boîtes vocales», mentionne-t-il.

Nicolas Roberge, lui, a toutes les raisons de croire au potentiel d'affaires de Twitter. Plus de 3000 abonnés suivent ses tweets. Président d'Ovologic, une entreprise de services-conseils d'infonuagique, il évalue que plus de 50% de sa clientèle vient de Twitter. Selon lui, cet outil est idéal pour cibler la bonne clientèle.

«Par des moyens traditionnels, je perdrais beaucoup de temps parce que j'offre des services très nichés. Mes clients sont là, sur le Web et sur Twitter, un réseau public et accessible par cellulaire, iPhone, BlackBerry, etc.», apprécie-t-il.

Utile aussi aux restos et aux hôtels

Idéal pour les travailleurs autonomes en communication, Twitter profite aussi beaucoup aux PME en tout genre, selon M. Roberge. «Pour attirer des nouveaux clients, certains hôtels offrent des nuitées à prix réduits quand ils voient des touristes poser des questions sur la prochaine ville qu'ils vont visiter», a-t-il observé. Les restaurants aussi emploieraient la même technique.

Les organismes culturels, com-me le Musée de la civilisation de Québec, bénéficient aussi de l'efficacité de cette vitrine, sur Twitter depuis l'automne dernier.

«C'est une bonne façon de tenir les gens au courant de nos activités, mais ça nous permet aussi de connaître nos faux pas et nos bons coups instantanément grâce aux commentaires des visiteurs. On peut se réajuster très rapidement», vante Marie-Claude Mailhiot, l'édimestre responsable du compte Twitter du Musée. «Ça devient un livre de commentaires virtuels très efficace pour nous et ça nous permet d'interagir directement avec nos abonnés», ajoute-t-elle.

 

Source : Marie-Josée Nantel, Le Soleil, 6 juin 2010

Mis à jour le Lundi, 07 Juin 2010 08:43
 

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