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Le conte, pays de l'imaginaire PDF Imprimer Adresse email

Petronnella Van Djick À la veille du Festival du conte 2006, Petronnella Van Djick est directrice générale des Productions Littorale et, surtout, une conteuse passionnée qui souhaite faire grandir la popularité du conte. Au fil des trois semaines qui viennent, elle nous raconte le conte à sa façon. Lorsque la mandoline de Jocelyn Bérubé se transforme en un beau navire voguant sur les flots bleus de nos yeux et que sa figure de proue est la belle Blanche de Beaumont; lorsque Babine, le bossu de Fred Pellerin pense être en amour avec l'hiver parce que sa colonne vertébrale frissonne (de plaisir!); lorsque Nitouche (contée par Renée Robitaille) pense perdre son pucelage dans l'eau de la rivière parce qu'une petite roche y a fait « plouf », nos oreilles sont largement ouvertes et transmettent à notre cerveau des images qui n'existent pas dans la réalité. Des images qui nous entraînent dans un pays où tout est possible, le meilleur comme le pire, et qui, si nous le fréquentons régulièrement, nous permet de mieux confronter le réel.

L'imaginaire est le fondement du conte, et c'est ce qui le différencie avec les autres formes d'expression orale comme le théâtre ou la poésie. Outre le fait que le conteur est en général sur la scène comme dans la vie, ou si peu différent, qu'il n'y a pas d'accessoires pour nous distraire de la parole, qu'il n'y a pas de décors pour envelopper le conteur, parfois de la musique pour ponctuer certains passages d'un conte, le conte nous rejoint tous individuellement et nous permet, à chacun, d'avoir un film qui se déroule dans notre esprit avec nos propres images, nos propres références, nos propres connaissances et personne ne percevra le conte de la même façon. La richesse de cette forme d'expression se vérifie également de par son accessibilité. Le conte est accessible à tous, peu importe que nous soyons très instruits ou peu, peu importe de quelle culture nous sommes issus. Par contre, la plupart des gens pensent encore que le conte s'adresse exclusivement aux très jeunes enfants et que les parents l'utilisent pour les endormir ou que les enseignants en lisent pour calmer les turbulents; ces activités-là se font à l'aide d'un livre, avec un texte figé et travaillé de façon à ne pas « trop faire peur aux enfants »!!, des images édulcorées, des histoires où généralement tout se termine très bien. Or, s'il est important de mettre les enfants en contact avec le conte (« conté »), le conte s'adresse généralement d'abord aux adultes et à leur imaginaire; c'est une forme d'expression qui a longtemps été et qui est encore dans certains pays un outil d'éducation utilisant symboles, mythes, archétypes qui font que la vie et nos existences sont infiniment plus profondes que la pauvre surface que nous en voyons tous les jours et sur laquelle nous n'avons du pouvoir qu'en ayant en nous-même une force autre que superficielle. Par ailleurs, la richesse des divers niveaux de langage, des vocabulaires de chacun, des répertoires (contes traditionnels -merveilleux, fantastiques, animaliers..., contes contemporains, récits de vie, récits de guerre), fait qu'une veillée de conte est toujours pleine de surprises et nous entraîne dans des univers où les différentes cultures se rejoignent et où les différences, puisqu'elles existent, sont là pour nous enrichir et non nous diviser. De plus, cette forme d'expression nous permet de valoriser les très nombreux savoirs populaires par rapport aux savoirs savants qui sont souvent mis de l'avant au détriment des autres. L'imaginaire des humains est un pays merveilleux... N'hésitez pas à le visiter! Bonne route, et bons rêves! www.productionslittorale.com

 

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Ce projet a été rendu possible grâce à la contribution financière des programmes Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada et Culture canadienne en ligne de Patrimoine canadien.


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