Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

Lettre ouverte

La concentration des médias à l'étude

En parallèle avec la Commission parlementaire sur la concentration des médias au Québec, une journée d'étude s'est tenue le 21 février dernier à Montréal. À cette occasion, des représentantes et des représentants de la Fédération profesionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), des médias indépendants et communautaires (presse écrite, radio, télévision) et d'organismes communautaires se sont rencontrés. Pour tous ces gens, la situation demeure préoccupante car les secteurs de la radio, de la télévision, des quotidiens et des hebdos sont dominés par deux ou trois grands propriétaires.

Le Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI) s'est joint à cette rencontre. Organisme d'éducation populaire autonome, il intervient depuis 17 ans en Estrie dans les domaines de l'information et des communications. Sa mission est de sensibiliser la population sur les médias, telle la concentration.

Cette journée d'étude visait à mettre en commun les positions de ces différentes organisations et à trouver des pistes de solutions de manière à renforcer plus spécifiquement la presse indépendante. À cet effet, l'association des radios communautaires du Québec et la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec ont brossé le portrait de la situation face à la concentration dans leur secteur respectif.

Par exemple, ne possédant pas leur propre licence de diffusion, les télévisions communautaires dépendent du bon vouloir de Vidéotron ltée. De leur côté, les journaux indépendants ne trouvent que difficilement des lieux de distribution, à cause d'ententes établies entre les distributeurs et les médias jugés prioritaires dans un territoire donné. Les médias alternatifs et en particulier les médias communautaires, malgré leurs faibles ressources financières et humaines, ont leur importance car ils apportent à la population une analyse et une information différentes de celles diffusées par les médias traditionnels. Afin d'assurer leur survie, le gouvernement du Québec doit renforcer leur soutien financier.

Durant cette journée d'étude, le CRÉMI a rappelé l'importance de nos sociétés publiques, Radio-Canada et Télé-Québec, comme contrepoids à la concentration du secteur privé. Depuis des années, leur financement est victime de coupures gouvernementales et la direction de Radio-Canada envisage même la privatisation. Les stations régionales ferment de plus en plus, et ce, malgré les mandats de ces deux sociétés.

Suite à cette rencontre, il était clair pour les personnes présentes que la lutte doit se faire contre les politiques néo-libérales qui favorisent la concentration actuelle des médias, que celle-ci soit dans un secteur particulier ou en propriété croisée (une station de télé et un journal comme Québécor). Afin de garantir une information diversifiée auprès de la population et de protéger la presse indépendante, il appartient au gouvernement québécois de réglementer pour limiter la concentration de la presse. Toutes et tous, solidairement, mobilisons-nous et réclamons cette réglementation!

Marie Salvail,
pour le CRÉMI.