Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)

La Tribune, 1er août 2000
Lettre ouverte

Sur la route de la privatisation...

Le Collectif régional sur les Médias d'information (CRÉMI), organisme d'éducation populaire autonome intervenant dans les domaines de l'information et des communications, tient à faire savoir à la population qu'il se range contre l'idée de Radio-Canada, qui a annoncé dernièrement la mise en vente de son immense réseau de transmission.

La société d'État a en effet décidé de céder cette vaste infrastructure, dispersée à travers le Canada, au plus offrant. Les recettes de la vente, plusieurs centaines de millions de dollars, seront utilisées dans le but de financer les émissions diffusées à l'antenne de Radio-Canada, a-t-on fièrement proclamé.

Certes, les intentions de la société d'état visant à satisfaire les télespectateurs sont louables. Mais peut-être que de s'aventurer vers la privatisation du réseau n'est pas la meilleure solution. Radio-Canada devrait d'ailleurs s'affairer davantage à promouvoir la culture canadienne, tel que stipulé dans son mandat, plutôt que de s'acharner à voiloir concurrencer TVA, Le réseau privé francophone.

La société d'État semble pourtant s'éloigner de plus en plus de son mandat et effectue ''un pas de plus dans la privatisation de ses activités'', selon Claude Hêtu du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). De surcroît, cette transaction prochaine pourrait toucher les techniciens de Radio-Canada, qui, menacés par une probable suppression de personnel causée par cette vente, ne demeureront certainement pas de marbre.

Symbole d'un peuple, Radio-Canada doit rester publique. Toutefois, lui en donne-t-on la chance? Les subventions gouvernementales se font de plus en plus maigres depuis 15 ans et cela demande des ajustements sur le plan de la programmation télévisuelle afin d'attirer des investisseurs publicitaires. Notre société d'État a donc envisagé une solution à son problème de financement, la vente d'actifs. Cependant, était-ce la seule chose à faire?

Jessica Dostie,
pour le CRÉMI.