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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Des sans-abri victimes des coups durs d'un " trash-réalité " Au cours des dernières années, le phénomène de la télé-réalité a pris beaucoup d'ampleur. Le petit écran nous a permis de suivre au quotidien la vie de jeunes aspirant au métier de chanteur, de célibataires en quête de l'âme sœur, etc. Quoiqu'on puisse se questionner sur les " réelles " valeurs de ces émissions, ces dernières, règle générale, n'incitent pas à la violence physique et psychologique. Dernièrement, des producteurs américains ont exporté vers le marché cinématographique québécois des films dont le contenu est basé sur la réalité vécue par de vrais sans-abri, allant ainsi à l'encontre du respect de leur dignité humaine. De Jackass à Bumfights Si vous avez été choqué-e-s par les scènes désobligeantes de la série et du film Jackass, où des jeunes hommes à l'esprit tordu font pénétrer une voiture pour enfants dans leur postérieur ou se jettent dans une plantation de cactus, vous n'avez encore rien vu. Tout récemment, le quatrième volet de la série de " trash-réalité " Bumfights, concept initié par deux jeunes Américains, a vu le jour. Dans la série Bumfights, vous pourrez voir des gens qui se moquent des sans-abri en leur mettant le feu aux cheveux, en les invitant à s'arracher des dents avec une pince et à boire de l'urine laissant croire qu'il s'agit de bière, pour ne nommer que quelques-unes de ces scènes malsaines et morbides, et ce, en échange de quelques dollars ou d'un hamburger. Pas surprenant que la Régie du cinéma du Québec ait refusé de classer cette série, la considérant " contraire aux valeurs fondamentales de la société québécoise ". Il va de soi que des productions de " trash-réalité " qui valorisent la criminalité, l'exploitation de personnes démunies et les comportements antisociaux n'ont pas leur place sur nos écrans. Par ailleurs, ce qui surprend, c'est que ces films se soient vendus à quelque 300 000 exemplaires et qu'ils soient disponibles aux États-Unis et ailleurs au Canada, entre autres en Ontario. Les valeurs promues par ces producteurs vont à l'encontre de nos propres valeurs. Comment ces derniers peuvent-ils ne pas considérer que les actes nommés précédemment ne puissent porter atteinte au respect fondamental de tout être humain? Il en va de même pour les scènes de criminalité et les scènes sexuellement explicites… " Trash-réalités ", à la poubelle! Le Collectif régional d'éducation
sur les médias d'information (CRÉMI) considère qu'au même titre que
la pornographie juvénile est interdite, les " trash-réalité " du type
de Bumfights, où dominent déshumanisation et exploitation, devraient
être criminalisés! Bien que nous ayons tous à cœur la liberté d'expression,
il est évident que la quête incessante de profits de la part de producteurs
et de distributeurs sans scrupules ne peut pas continuer au détriment
de nos valeurs les plus fondamentales. Pendant que les concepteurs de
cette série n'écopaient que de simples travaux communautaires pour leurs
actes, cinq jeunes Australiens mettaient le feu à la tente d'un sans-abri.
Plus près de chez nous, en Alberta, cinq jeunes ont attaqué un itinérant
et lui ont uriné au visage, et ce, sous l'œil complice de leur caméra.
Annie Forest, coordonnatrice pour le CRÉMI |