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Collectif régional d'éducation sur les médias d'information (CRÉMI)
Radio-Canada à la dérive Le 21 janvier 2005, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) annonçait un accord de transaction entre les stations d'AstralMédia Radio et celles de Corus Entertainment. Des effets négatifs de cet échange se feront sentir à la station CKAC de Montréal où l'on prévoit la perte d'une vingtaine d'emplois de même que la réduction de l'information générale en faveur du sport et de la santé. Par ailleurs, la radio CHLT de Sherbrooke a chaudement applaudi la décision. Après une vague d'incertitude qui planait sur elles depuis presque trois ans, les stations francophones du réseau AM dont CHLT fait partie sont réconfortées par cette transaction. Mais du côté de la chaîne publique de Radio-Canada, c'est la consternation après l'annonce de coupures de plusieurs millions. L'été dernier, le personnel employé de CHLT a craint la disparition de sa station alors que Corus envisageait l'acquisition des stations Radiomédia avec la condition de suspendre la moitié du nombre d'heures consacrées à la programmation locale en faveur des nouvelles en provenance de la métropole. Néanmoins, le pire a été évité à la station sherbrookoise; les emplois sont pratiquement assurés et le nombre d'heures vouées à la programmation locale ne devrait pas diminuer. Toutefois, la station qui diffuse actuellement 45 heures hebdomadaires de contenu local verra sa programmation diminuée à 27 heures en 2005, puis augmentée à 37 heures en 2007. La campagne de sensibilisation " Sauvons Radiomédia " n'a pas freiné la transaction Astral-Corus, mais la mobilisation sherbrookoise a assurément contribué à préserver la vocation à saveur locale de notre station. (Sources : La Tribune et La Presse, janvier 2005) Du côté de Radio-Canada À Radio-Canada, on constate que celle-ci n'a pu échapper à la " montréalisation des réseaux ". En effet, cette dernière ne détient que 15 % des parts d'un marché tiraillé entre des stations montréalaises telles TVA, TQS, Découverte et Historia. La chaîne publique à caractère social, politique et culturel a perdu sa vocation au profit…des cotes d'écoute! En effet, l'État ne semble plus favoriser le financement d'émissions de qualité telle Zone Libre, puisque des coupures budgétaires de 13 millions, dont quatre en information, ont été annoncées par la haute direction de Radio-Canada en début février. Et du même coup, vingt et un postes ont été abolis au service de l'information. La baisse des recettes publicitaires, la diminution du financement accordé par le Fonds canadien de la télévision et la hausse des coûts de production seraient à l'origine de ces compressions. La vocation de Radio-Canada est désormais orientée vers le divertissement puisque des émissions comme Tout le monde en parle et Les Bougons atteignent un auditoire record qui rapporte de plus en plus en espèces sonnantes. Le CRÉMI dénonce le fait que la direction de Radio-Canada semble s'attarder davantage aux résultats des cotes d'écoute au détriment de sa vocation " publique " première. Le divertissement prend largement le pas sur l'information, l'éducatif et le culturel. C'est une dérive qui risque d'entraîner la société d'État dans une vaine compétition avec les stations privées avides de cotes d'écoute et de profits. Mais où s'en sont allés les " Beaux Dimanches " qui ont initié plus d'une génération au théâtre? (Sources : La Tribune et La Presse, février 2005) Annie Forest, coordonnatrice pour le CRÉMI |